L'amniocentèse
Dans l'intimité du foetus.
Définition
L'amniocentèse consiste à prélever du liquide amniotique, dans lequel se développe le foetus, pour analyser les composants chimiques du liquide et les cellules desquamées de la peau foetale qu'il contient.
Ce prélèvement est effectué préférentiellement entre 13 et 17 semaines d'aménorrhée (SA), le plus souvent vers 15 SA et si besoin jusqu'au terme de la grossesse.
Le prélèvement, quasi indolore, ne nécessite aucune anesthésie même locale.
Dans le cas où la femme enceinte est d'un rhésus sanguin négatif, il est nécessaire de lui injecter par voie intra-veineuse des gammaglobulines anti-D pour éviter les complications d'une immunisation foeto-maternelle*.
Après la ponction, il semble que le repos contribue à prévenir certaines complications comme les contractions utérines.
*immunisation foeto-maternelle : lorsque la mère est rhésus négatif et l'enfant qu'elle porte rhésus positif, l'organisme maternel risque de synthétiser des anticorps dirigés contre les globules rouges du foetus. Pour éviter cette réaction, la solution consiste à injecter à la mère des gammaglobulines anti-D capables de protéger les globules rouges.
Les indications
- Déterminer le caryotype foetal (étude des chromosomes du foetus), à la recherche d'une trisomie, pour connaître le sexe du foetus etc. dans les cas suivants :
- si l'épaisseur de la nuque du foetus (clarté nucale) mesurée lors de l'échographie de la 12ème SA est supérieure à 3 mm
- si des anomalies morphologiques ont été détectés lors de cette même échographie
- si le dosage des marqueurs sériques est supérieur ou égal à 1/250
- si l’âge de la mère est supérieur ou égal à 38 ans
- s’il existe des anomalies chromosomiques dans la famille ou un risque de maladies lié au sexe de l’enfant.
- Rechercher
- une maladie génétique foetale, telle la mucoviscidose ou la drépanocytose, dont le diagnostic repose sur des examens moléculaires
- une maladie métabolique, liée à un dysfonctionnement chimique de l'organisme
- une infection ovulaire ou du toxoplasme, parasite responsable de la toxoplasmose
- Doser l'alpha-foeto protéïne pour le dépistage d'anomalie de fermeture du tube neural ou de la bilirubine dans les situations à risque d'anémie feotale.
- Déterminer la maturité pulmonaire du foetus.
La technique
La ponction de liquide amniotique requiert une désinfection soigneuse de la peau de l'abdomen, la pose de champs stériles, le port de gants par l'opérateur. Le geste doit avoir lieu dans des conditions d'asepsie chirurgicale.
On prélève alors 20 à 30 centimètres cube de liquide amniotique sous contrôle échographique, afin de ne pas toucher le foetus.
Les résultats sont connus en 2 à 3 semaines.
Les complications
Elles sont rares mais possibles, et bien moindres si la ponction est réalisée vers la 15ème ou la 16ème SA.
- Echec de la ponction
Rare si le geste est effectué sous contrôle échographique, cet échec peut se produire lorsque la paroi abdominale est très épaisse, en cas de malformation de l'uterus ou de fibrome utérin. Comme il n'est pas prudent de réaliser plus de deux tentatives de suite, mieux vaut tenter une nouvelle ponction quelques jours plus tard.
- Blessures foetales
Sous contrôle échographique, elles sont extrêmement rares.
- Mort foetale
Evaluée à 0,06 %. La cause en reste inconnue à ce jour.
- Fissuration et membranes
Le plus souvent la fuite de liquide amniotique est de courte durée et la grossesse continue son évolution normalement.
- Fausse couche
Le risque est évalué à 0,5%, sauf en cas de grossesse gémellaire ou atteint 3%.
- Petit hématome à l'endroit de la de ponction
Sans conséquence, il disparaît rapidement.
- Echec de la culture en laboratoire
Possible mais rare. Concerne essentiellement les amniocentèses effectuées tardivement.
Dans les jours qui suivent une amniocentèse, toute fièvre, douleur, fuite de liquide amniotique ou saignement, justifient de prendre contact immédiatement avec le médecin qui a réalisé la ponction.
Source :
- Dr Ph. Venier, sante-mayenne.com
Mise à jour : janvier 2010
