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La douleur

Là où ça fait mal

 

Cette fiche a été relue et validée par :
- Réseau Douleur Sarthe, resodouleursarthe@wanadoo.fr


Contrairement aux idées reçues, la douleur ne témoigne pas nécessairement d’une lésion à l’endroit où elle est ressentie, ni même d’une lésion du corps…

 

Pourquoi la douleur ?

En général, la douleur est utile : elle sonne l’alarme lorsque un organe souffre. Mais dans certaines situations, la douleur s’installe et devient autonome, perdant son rôle utile de signal d’alarme, pour devenir une maladie à part entière.

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Comment la douleur se transmet-elle dans le corps ?

La douleur est véhiculée par certaines fibres dédiées du système nerveux. A partir du site d’une lésion naît un message nerveux (dit nociceptif, du latin « nocere : nuire ») qui emprunte un circuit de nerfs périphériques pour parvenir jusqu’au cerveau qui l’interprète comme une douleur. Tout au long de son cheminement il est modulé par différents systèmes qui peuvent en augmenter ou en diminuer l'intensité. D’autres mécanismes vont également influencer sa localisation corporelle.

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Différents types de douleurs

Plusieurs mécanismes entrent en jeu dans la perception et le ressenti de la douleur.

Lorsqu’elle naît par excès de stimulation de récepteurs corporels, on parle de douleur par excès de nociception.

Elle peut aussi être la conséquence de lésions au niveau des voies nerveuses, la douleur affectant alors le territoire innervé par le nerf lésé : il s’agit de douleurs neuropathiques.

Quand des messages douloureux importants se répètent, un certain nombre de phénomènes peuvent se produire, qui vont aboutir à une douleur autonomisée, c’est à dire qui persistera, même si la cause initiale disparaît. C’est comme si la sensation douloureuse s’inscrivait dans notre organisme, parce qu’elle est restée trop longtemps sans être suffisamment soulagée. D’où l’importance d’avoir dès le départ un traitement antalgique efficace.

Enfin, il arrive que notre système de filtre anti-douleur perde de son efficacité, on parle de diminution du seuil de la douleur ; ceci va favoriser la survenue de certaines douleurs, qui peuvent même être généralisées.

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Sept notions clé pour la prise en charge de votre douleur
 

1. Une douleur ne correspond pas forcément à une lésion à l’endroit où on la ressent. Bien entendu il faut chercher la cause d’une douleur intense et persistante en s’aidant des examens complémentaires appropriés. L’idéal étant bien sûr d’en trouver l’origine précise et de la guérir. Mais on ne la trouve pas toujours, et pour cause :
- la cause initiale de la douleur a pu disparaître et la douleur continuer malgré tout d’évoluer pour son propre compte
- le seuil de la douleur a pu diminuer

2. Une douleur risque d’autant plus de s’installer durablement qu’elle reste longtemps mal soulagée. Il est donc important dès le départ de traiter la douleur en tant que telle et d’essayer de trouver l’antalgique suffisamment efficace pour la rendre supportable.

3. La règle fondamentale d’un traitement antalgique contre une douleur persistante est la prise régulière. Attendre que la douleur réapparaisse pour reprendre un antalgique est une erreur et « en prendre le moins possible pour ne pas s’habituer » un très mauvais calcul !

4. Il n’y a pas de « recette miracle » pour traiter une douleur chronique. On procède généralement par tâtonnements, en essayant différents médicaments et autres moyens thérapeutiques. Dans la prise en charge, on essaie notamment de faire la part des choses entre les douleurs par excès de nociception, les douleurs neuropathiques et la part psychologique. En particulier, ne vous étonnez pas si on vous prescrit des médicaments anti-dépresseurs ou anti-épileptiques car ce sont des médicaments qui ont également une action contre les douleurs neuropathiques.

5. Ne vous offusquez pas si votre médecin vous parle d’une origine ou d’une participation psychologique. S’il vous plait ne lui répondez « ce n’est pas dans la tête, je sais que j’ai mal » ! Ce n’est pas qu’il doute de votre douleur (y compris s’il ne trouve rien aux examens). Il sait simplement la part que peuvent avoir les facteurs psychologiques dans la genèse de la douleur.

6. Le traitement de la douleur passe par l’adoption des bons comportements. Il faut dans la mesure du possible éviter de se polariser sur sa douleur et changer le moins possible ses habitudes de vie.

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7. N’ayez pas peur de la morphine ! On en prescrit désormais facilement dans les douleurs intenses, quand les antalgiques moins puissants s’avèrent insuffisants. Rappelez-vous : pour contrecarrer les mécanismes de passage à la douleur chronique, il est important de soulager efficacement une douleur aiguë.


Source : Dr PLAT, rhumatologue, Le Mans