Différents types de douleur
Aigües, chroniques, neuropathiques...
Cette fiche a été relue et validée par :
- Réseau Douleur Sarthe, resodouleursarthe@wanadoo.fr
Plusieurs mécanismes entrent en jeu dans la perception et le ressenti de la douleur.
- La douleur qui naît par excès de stimulation des récepteurs périphériques de la douleur (au niveau de la peau, des viscères, etc.) ; c’est ce que l’on appelle la douleur par excès de nociception.
- Autre grande cause de douleur : les lésions des voies nerveuses. Les fibres nerveuses chargées de transmettre la douleur étant abîmées, ce sont elles qui vont envoyer des messages douloureux. On parle alors de douleur neuropathique. Faire la différence avec la douleur par excès de nociception est important car ce ne sont pas les mêmes médicaments qui sont efficaces dans l’un ou l’autre cas.
En cas de douleur neuropathique, la douleur est ressentie dans le territoire que le nerf lésé innerve. L’exemple le plus caractéristique de ce type de douleur est celui des personnes amputées dont les nerfs du membre ont été coupés et ont mal cicatrisés : le membre qu’ils n’ont plus continue à les faire souffrir (syndrome du membre fantôme)
- La douleur chronique, celle qui perdure, est quant à elle à l’origine d’un certain nombre de phénomènes :
- des réactions inflammatoires peuvent se développer au niveau des fibres nerveuses qui véhiculent des messages douloureux importants, à l’origine d’altérations persistantes des nerfs ;
- des contractures réflexes se produisent et évoluent ensuite pour leur propre compte ;
- un dérèglement durable du système inhibiteur s’installe : le système de la « porte » au niveau de la moelle épinière reste alors largement ouvert, diminuant ainsi le « seuil de la douleur » ;
- la douleur s’inscrit dans les circuits nerveux du cerveau qui la garde en mémoire, alors même que la cause initiale de la douleur disparaît ;
- le comportement général est modifié, centré sur la douleur devenue envahissante, entraînant là encore un effet négatif sur le système inhibiteur.
Tous ces phénomènes surviennent d’autant plus systématiquement que la douleur est intense, que l’attention se polarise sur elle et qu’elle perturbe de façon importante la vie de tous les jours.
- Enfin, indépendamment des douleurs aiguës devenues chroniques, certaines douleurs apparaissent parce qu’il existe une baisse globale de l’efficacité de notre système de filtre anti-douleur, donc diminution du seuil de la douleur. Des facteurs psychologiques comme le stress, une contrariété, de l’anxiété, une dépression, un surmenage, favorisent la survenue de ces douleurs.
Dans ce cas peuvent apparaître :
- de vieilles douleurs enfouies dans votre mémoire, une douleur d’appendicite par exemple, qui ressurgissent ponctuellement ;
- des douleurs de certaines parties de notre corps en proie à un petit problème, que l’on ne ressent pas habituellement lorsque notre système inhibiteur fonctionne bien. Une tension musculaire au niveau du cou peut ainsi devenir douloureuse en cas de contrariété ou de stress ;
- des douleurs beaucoup plus généralisées lorsque notre seuil anti-douleur est très abaissé. La fibromyalgie relève probablement de ce mécanisme, avec sans doute un déficit de certaines substances intervenant dans le système inhibiteur (et dans un certain nombre de cas, une aggravation par des facteurs psychologiques).
Source : Dr PLAT, rhumatologue, Le Mans