La dysphasie
Par le réseau DYS Pays de la Loire.
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Qu'est ce qui m'arrive, quelle est l'explication de mes symptômes ?
La dysphasie est un trouble inné et durable de l’apprentissage et du développement du langage oral. Jeunes, les enfants dysphasiques ne parlent pas ou mal. Souvent, les premiers mots arrivent tard. Certains enfants dysphasiques prononcent mal, déforment les mots ou les compliquent ; d’autres n’arrivent pas à construire de phrase ou à développer leur vocabulaire malgré une bonne stimulation de leur entourage. Parfois, plusieurs de ces difficultés se cumulent. Les formes les plus sévères affectent la compréhension : l’enfant ne comprend que partiellement ce qu’il entend, décroche rapidement, se trouve en difficulté dès que les phrases deviennent complexes.
Contrairement à ce que certains symptômes pourraient laisser supposer, les dysphasiques ne sont ni déficients intellectuels, ni sourds, ni autistes : leur intelligence se situe dans la norme, leurs capacités auditives sont intactes et, à condition de trouver un mode de communication à leur portée, ils ne demandent qu’à entrer en contact avec son entourage. Ainsi le jeune enfant dysphasique compense-t-il d’emblée avec des gestes quand il le peut. S’il n’y parvient pas et ne trouve pas d’autre moyen de communiquer, sa frustration et son mal-être peuvent s’exprimer au travers de troubles réactionnels comme l’agitation ou l’agressivité.
A ce jour, l’origine de la dysphasie demeure mal connue. Des explications génétique et périnatale sont avancées, mais seulement à l’état d’hypothèses.
Il y en a beaucoup comme moi ?
Près de 1% de la population serait dysphasique, les garçons étant plus concernés que les filles.
Quelles sont mes chances de guérison ?
La dysphasie est un trouble durable du langage qu’il faut apprendre à compenser. Une personne dysphasique le reste toute sa vie, à divers degrés. Grâce à la rééducation qu’il est important de démarrer dès les premiers signes évocateurs, les progrès sont réels bien qu’hétérogènes. Un dysphasique peut ainsi acquérir un vocabulaire riche tout en conservant une syntaxe médiocre, ou l’inverse. La rééducation dure plusieurs années.
Quelles vont être les conséquences sur ma vie ?
La dysphasie, parce qu’elle affecte la communication orale très largement utilisée pour l’acquisition des connaissances et les échanges en général, constitue un véritable handicap au quotidien et dans la vie scolaire puis professionnelle. Enfants, les dysphasiques sont bien souvent l’objet de moqueries. A l’heure des orientations scolaires et des choix professionnels, les dysphasiques se heurtent à nouveau à leurs limites à l’oral. Aussi est-il fondamental qu’ils aient la possibilité de développer leurs autres compétences, qu’elles soient artistiques, sportives, informatiques…
La dysphasie peut avoir des conséquences sur l’apprentissage de l’écrit et être associée à une dyslexie, en particulier quand il y a des difficultés dans l’analyse des sons de la langue (phonologie).
Parfois en revanche, l’entrée dans l’écrit permet d’améliorer l’oral parce qu’il donne à voir le langage.
Dois-je consulter ? Qui ?
Tout retard de langage doit faire l’objet d’une consultation avec un médecin, puis un orthophoniste car il y a de multiples situations qui peuvent y donner lieu. Le diagnostic de dysphasie est difficile à poser et le médecin cherchera à éliminer plusieurs autres hypothèses.
Le diagnostic avant 6 ans est souvent incertain, notamment parce qu’il peut y avoir confusion avec des retards sévères de langage qui se résolvent vers 6-7 ans grâce à la rééducation. C’est la persistance de ces difficultés au delà de cet âge et malgré la rééducation orthophonique qui amènera l’orthophoniste à évoquer l’hypothèse d’une dysphasie.
En quoi consiste le traitement ?
Une dysphasie qui n’est ni rééduquée ni compensée s’installe et handicape la vie de l’enfant puis de l’adulte. Son impact peut être fort chez le petit enfant lorsque ce dernier ne réussit pas à compenser avec un autre mode de communication. D’où l’importance de mettre à sa disposition des moyens de compensation comme le langage des signes, l’expression par pictogrammes ou la lecture sur les lèvres d’adultes qui se placent à sa hauteur. Par ailleurs, si la dysphasie est accompagnée d’autres troubles, comme la dyslexie (trouble du langage écrit), ceux-ci ont également besoin être traités.
Plus tard, les séances orthophoniques permettent à l’enfant de progresser dans l’acquisition du vocabulaire, la construction des phrases et la compréhension du discours.
Chez l’adulte enfin, la rééducation reste possible mais s’avère beaucoup moins efficace.
Quelles sont les choses que je peux faire moi-même pour aider mon enfant dysphasique ?
- L’encourager et le soutenir dans son apprentissage et sa rééducation, ses efforts et ses progrès.
- Lui laisser le temps de s’exprimer par les moyens dont il dispose.
- Eviter de le faire répéter car souvent il ne peut pas.
- Informer l’entourage et l’école de ses difficultés.
Pour en savoir plus :
- Réseau DYS Pays de la Loire
- Association Avenir Dysphasie – AAD : http://www.dysphasie.org/
- Maison départementale des personnes handicapées – MDPH