L'asthme
Par le Dr Patrick LE VAILLANT, médecin généraliste, Réseau asthme 44.
Cette fiche a été relue et validée par :
- le Réseau asthme 44
- l'Espace des usagers du CHU de Nantes
- Méry Fazal Chenai, UFC-Que Choisir, Nantes
Qu’est-ce qui m’arrive, quelle est l’explication de mes symptômes ?
L'obstruction est la conséquence de trois mécanismes concomitants :
- l’inflammation de la paroi bronchique
- La contraction des fibres musculaires qui entourent les bronches
- La production d'un surplus de mucus sous forme de sécrétions épaisses, ce qui contribue à boucher les bronches.
- respiration sifflante
- toux
- essoufflement
- sensation d’oppression thoracique
Il y en a beaucoup comme moi ?
En Europe, on compte environ 30 millions d’asthmatiques.
En Europe Occidentale dont la France fait partie, le nombre de cas a doublé au cours des 10 dernières années et la prévalence moyenne, c'est-à-dire le pourcentage de cas par rapport au nombre d’habitants, y est de 5,9%. En France, elle est de 6,8%, ce qui représente plus 4 millions de personnes dont un quart d’enfants et d’adolescents. Dans le seul département de la Loire-Atlantique, on estime à 75 000 le nombre de personnes asthmatiques.
Est-ce grave ? Quelles sont mes chances de guérison ?
Quelles vont être les conséquences sur ma vie ?
- reconnaître les symptômes de son asthme et les comprendre
- identifier les facteurs déclenchants des crises et apprendre comment les éviter
- établir avec son médecin un plan d'action basé sur l'évolution des symptômes
- prendre les médicaments à bon escient
Dois-je consulter ? Qui ?
Ai-je besoin d’examens ? A quoi vont-ils servir ?
Quelles sont les différentes options thérapeutiques ? Un traitement est–il indispensable ?
Quel bénéfice attendre du traitement ?
La durée du traitement de fond est variable en fonction des individus. Les corticoïdes peuvent être prescrits seulement pendant l’hiver, en particulier chez l’enfant asthmatique lors des épisodes d’épidémies virales, seulement au printemps, période des pollens, ou en permanence pendant une ou plusieurs années. En tout cas, jamais moins de 3 mois. La surveillance médicale régulière (tous les 3 à 6 mois) permet d’ajuster les doses en fonction des résultats obtenus et parfois même d’arrêter le traitement. Une décision qui est de la seule responsabilité du médecin : n’arrêtez jamais un traitement de fond sans en discuter avec lui.
Quels sont les risques du traitement pour ma santé ?
En l’état actuel des connaissances, le traitement de fond (corticoïdes inhalés) ne cause aucun effet secondaire notable. Le fait de le prendre sous forme inhalée limite à des quantités négligeables le passage dans le sang et autorise sa prescription sur une période longue. Dans certains cas peuvent apparaître une raucité de la voix ou des irritations de la gorge, effets mineurs qui se corrigent en se rinçant la bouche après avoir pris le médicament. Le broncho-dilatateur quant à lui est également sans danger, même à fortes doses, car même s’il peut provoquer de légers tremblements intermittents, ceux-ci sont bénins.
Comment me préparer à ce traitement ?
* Pour en savoir plus sur séances d’éducation thérapeutique, contactez le réseau Asthme 44.
Que me fera-t-on si je suis hospitalisé ?
Quelles sont les choses que je peux faire moi-même pour me soigner ?
- Bien connaître son asthme, ce qui veut dire accepter le diagnostic, savoir quel médicament utiliser et comment le prendre.
- Prendre les médicaments tels que prescrits par le médecin.
- Faire des activités physiques (exercices, jeux, sports et particulièrement la natation).
- On peut pratiquer ce genre d’activités sans problème si l’on prend correctement ses médicaments en suivant les recommandations du médecin.
- Apprendre à se détendre et se relaxer pour mieux contrôler une crise.
- Éviter les facteurs déclenchants de la crise d’asthme, rechercher notamment si l’asthme est causé par une allergie.
- Allergies : repérer les signes associés : rhinite, conjonctivite, eczéma, etc. et les circonstances de survenue. Un bilan allergologique avec pratique de tests cutanés est souvent utile pour déterminer précisément l’allergène en cause et, peut être, l’éviter.
- Irritants respiratoires : les substances irritantes que l’on respire sous forme de particules, fumées, aérosols ou vapeurs qui, à certaines concentrations, peuvent déclencher une crise en augmentant l’inflammation bronchique. La fumée de cigarette que l’on respire passivement en est un exemple.
- Infections respiratoires : la vaccination contre la grippe est recommandée chez les asthmatiques
- À domicile et dans les chambres :
- ne pas fumer la cigarette, la pipe ou le cigare dans la maison
- éviter l’exposition à des irritants, tels vapeurs de peinture, parfums, produits nettoyants ou fixatifs pour cheveux
- éviter les oreillers, les édredons ou couettes avec plumes. Utiliser les housses anti-acariens en cas d’allergie
- dépoussiérer les meubles avec un linge humide pour ne pas disperser la poussière
- retirer les tapis, en particulier dans la chambre à coucher. Nettoyer les planchers avec une serpillière mouillée chaque semaine
- Animaux :
- si vous ou votre enfant êtes allergiques aux animaux, il est préférable de ne pas garder d’animaux à poils ou à plumes (chats, chiens, lapins, rongeurs ou oiseaux) et d’éviter le contact avec ceux-ci.
- en présence d’un animal, éviter qu’il soit en contact avec les objets familiers (jouets) et lui interdire l’accès aux chambres, particulièrement celle de la personne asthmatique. Sachez que les allergènes d’animaux se distribuent partout dans la maison et non seulement dans les pièces où l’animal se promène.
- Émotions : l’asthme n’est pas le résultat de facteurs psychologiques mais dans certains cas, les émotions vives peuvent déclencher une crise d’asthme.
- Chauffage/humidité :
- attention aux écarts subits de température et d’humidité et aux températures trop froides ou trop chaudes à
- maintenir une humidité relative ambiante entre 40 et 50 %. Humidifier à plus de 50 % favorise la prolifération des acariens et le développement de moisissures.
- si vous disposez d’un chauffage à air chaud, apposez des filtres sur les sorties d’air.
- les acariens, les pollens, la poussière et les moisissures si vous êtes allergique,
- de fumer, les milieux enfumés, la pollution de l’air et les vapeurs irritantes,
- l’exercice physique violent et épuisant,
- les changements brusques de température,
- de contracter une infection respiratoire.
Quelles sont les informations qui doivent être connues de ceux qui m’entourent ?
Peut-on faire du sport quand on est asthmatique ?
- encourager la pratique du sport en général. La natation est l’un des sports les mieux tolérés par les asthmatiques.
- sélectionner des activités sportives adaptées à votre santé physique et respiratoire, précédées d’une période de 10 minutes d’échauffement.
- éviter les sorties par temps très venteux ou très froid.
- la plongée sous-marine en bouteille est fortement déconseillée.
Où puis-je trouver plus d’informations ?
- Réseau asthme 44 - asthme44@wanadoo.fr – Tél. : 02 40 48 22 41
- Asthme et allergies 44 - asthme-allergies44@wanadoo.fr
- Réseau Souffle 49 - souffle-49@wanadoo.fr – Tél. : 02 41 24 70 91
Mise à jour : 2008